Yuko Honma “Haruka Kanata”, du mini-album “Houkai Amplifier”, sorti le 25 novembre 2002.

Masafumi Gotoh : Il y avait peut-être des moments où je devais laisser parler mes émotions pour avancer. D’un côté il y a la frustration de ne pas être reconnu et de l’autre il y a le sentiment de vouloir en découdre pendant les concerts. Pour bien faire passer le message dans la chanson, l’énergie doit être sincère. C’est pourquoi je ressentais fortement l’état d’esprit du moment; une façon nerveuse de se comporter vis à vis de ces choses là.

Kiyoshi Ijichi : C’est une chanson créée juste à mon arrivée dans le groupe. A l’époque, “Asian Kung-Fu Generation” n’avait pas de chansons à haut tempo. Je voulais ajouter mon propre style qui provenait de mon expérience dans le Punk et Hard Rock, et j’ai ressenti que c’était la raison et la mission de mon arrivée dans le groupe.

Takahiro Yamada : Je repense au combien l’intro est puissante, qu’importe le nombre de fois que j’écoute la chanson. Je pense que la manière dont le rythme change vers la fin est excellent, considérant que nous n’y connaissions pas grand chose à l’époque. Le groupe s’est formé et Ijichi nous à rejoinds. De nouvelles opportunités sont arrivées par la suite pour Asian Kung-Fu Generation, mais je sens que c’est cette chanson qui nous a vraiment lancés. Je suis sûr que beaucoup de monde nous ont “découverts” aussi par le biais de cette chanson.

Yuko Honma : “Mirai no Kakera”, single sorti le 6 août 2003.

Masafumi Gotoh : C’est une chanson qui a été créée sans prendre en compte la fièvre émotionnelle que les membres du groupe aiment tant, sans but particulier ou sans vouloir être des “stars”. L’évolution du refrain se fait tout simplement avec les 4 premières cordes de la guitare, à partir du niveau le plus bas; mi, la, ré et sol. Quand on chantait par dessus ce refrain ça sonnait bien, donc on s’est dit que ça serait fun.

Takahiro Yamada : C’est une super chanson. Je veux dire, le son renferme tant de puissance en son sein et l’émotion du groupe l’impreigne tellement. Cela aurait pu être un peu mieux en terme d’inspiration. La chanson semble ne jamais se finir car on l’a crée sans trop réfléchir. (rires)

Kiyoshi Ijichi : C’était au moment où le style de chacun et celui du groupe n’en formaient qu’un seul et unique. C’était notre identité. Pour nous, “Haruka Kanata” était une invention. Je pense que la chanson a été mise en avant parce qu’elle était le symbole de cette invention et la représentation du groupe en tant que tel.

Kensuke Kita : Personnellement, je pense que c’est la façon dont Gotch [surnom de Masafumi Gotoh] chantait, sa voix était vraiment bonne. Je ne parle pas de la façon dont il peut atteindre les aigus, mais sa voix a évolué au cours des années. Dans cette chanson, sa voix était fraîche et elle sonnait de façon désespérée. J’aime bien ça.

Yuko Honma : “Understand” de l’album “Kimi Tsunagi Five M”, sorti le 19 novembre 2003.

Takahiro Yamada : Ici, il ne semble pas que cette chanson ne soit pas à sa place, bien que ce ne fut pas un single. Au contraire, l’existence de cette chanson prend, en quelque sorte, le dessus. On a eu de très bons retours immédiatement après avoir commencé à la jouer en live. Elle est maintenant devenue incontournable. Tel que je me souviens, “Understand” était une chanson que l’on a fait quasiment à la fin et on l’a enregistré avec “Jihei Tansaku”. Ça m’intrigue qu’on ait fait ces 2 chansons opposées en même temps.

Kensuke Kita : Personnellement, j’aime la mélodie que l’on utilise pour l’interlude. Ce qui me laisse penser que Gotch était un super compositeur au début. Le riff de guitare est simple, ce qui fait que les enfants peuvent facilement le reprendre.

Masafumi Gotoh : D’ailleurs je pense que c’est ce quelque chose qui rend cette chanson si spéciale. Les collégiens et les lycéens peuvent reprendre cette chanson. C’est important que tout le monde puisse la chanter alors que des chansons qui sont tellement complexes et qui ne peuvent pas être reprisent ne durent pas longtemps. Dans ces conditions, c’est une chanson qu’on ne pourra plus jamais refaire. Ce n’est pas facile de recréer une chanson qui est toujours autant populaire, malgré le fait que nous l’avons joué de nombreuses fois. Cette chanson est “la puissance de la pop”.

Yuko Honma : “Kimi to iu Hana”, single sorti le 16 octobre 2003.

Kiyoshi Ijichi : J’ai eu beaucoup de mal à faire le 4 temps à la grosse caisse en accentuant avec le high-hat. C’était la première fois que mon responsable m’a crié : “Tu crains !”. Je suis content que cette expérience soit à l’origine de mon style actuel de batteur, mais ce fut difficile. D’un autre côté, j’ai cherché à mettre toute mon énergie dans la chanson. Il n’y avait aucun groupe qui faisait ce genre de choses au Japon à l’époque et on a pensé que ce serait fun, donc on a poursuivi cette idée. Maintenant, c’est comme si ce 4 temps et la force du 8 temps que l’on a utilisé dans “Rewrite” sont devenu notre marque de fabrique. C’est ce que je pense, juste pour diverses raisons égoïstes.

Masafumi Gotoh : Ce fut une innovation. Quand on a fait cette chanson, on s’est tous dit : “C’est génial !”. La combinaison du 4 temps à la grosse caisse et du high-hat a été réutilisé dans “Loop&Loop”. Je n’ai pas beaucoup parlé des paroles de cette chanson parce que j’ai, en quelque sorte, honte que cette chanson soit à ce point une chanson d’amour. Celle là et “Mirai no Kakera”. Je pense que je sentais que je pouvais chanter des chansons d’amour si je le recherchais à ce point. Cela vous surprend ? Et bien, c’est la personne qui l’a écrite qui vous le dit. (rire)

Yuko Honma : “Rewrite”, single sorti le 4 août 2004.

Masafumi Gotoh : C’est une chanson que l’on a écrit alors que la colère nous éprenait avec l’apparition du copy control discs (CCCD). On a écrit puis abandonné bon nombre de versions, en se demandant ce que ce phénomène voulait dire tout en criant à qui veut bien l’entendre que ce n’était qu’une illusion. Franchement, j’ai été très surpris que cette chanson, dans laquelle j’étais sarcastique, ait pu se vendre autant (rire). A la base, on ne voulait pas faire de cette chanson un single. C’est pourquoi elle est si mystérieuse. On a pas choisi cette chanson mais c’est cette chanson qui a été choisie et elle a continué à se répandre.

Kiyoshi Ijichi : La chanson a été mise en avant par “Fullmetal Alchemist” et grâce à cela, on s’est fait connaitre dans le monde entier parce que cette animé a enflammé la culture de l’animation japonaise. Cependant, ça n’a rien changé pour moi par rapport à avant. Ils disent qu’un tas de chansons “mûrissent” quand elles ont été joué un nombre incalculable de fois en live, mais je crois que cette chanson n’a pas changé du tout. Il y a des fois où l’on a fait quelques arrangements pour certains concerts, mais le potentiel de la chanson est juste trop exagéré et à la fin, tout reste concentré dans le refrain. C’est notre hymne car tout le monde explose dès qu’on la joue. C’est une chanson pour laquelle la réaction du public ne changera jamais.

Yuko Honma : “Kimi no Machi Made”, single sorti le 23 septembre 2004.

Masafumi Gotoh : Cette chanson ressemble à un robot en superalliage que l’on a crée avec tout ce que l’on savait faire à cette époque, pour faire une chanson pop (rires). C’était le fruit de nos efforts. Notre “Ajikan style”. On a sûrement été capable de mettre notre propre style sans avoir honte dans “Kimi no Machi Made” et “Rewrite”, parce qu’avant ceci on se sentait comme si on avait surpris tout le monde en faisant “Siren” et “Loop&Loop”. Autrement dit, j’ai cherché à faire de “Sol-fa” un album pop pour une large audience tout en voulant qu’il tire le meilleur de ce que l’on a appris à faire jusqu’alors. Bien sûr, j’ai aussi cherché à montrer au monde ce qu’était Ajikan. Pour cela, tout ce que j’ai à faire, c’est de faire des choses qui sont déjà plus poussées, non ?

Kensuke Kita : Cette chanson est pop, bien sûr, mais j’aime bien la chaleur qui s’en dégage, comme le poids qui se soulève de vos épaules, qui vous frappe au début de la chanson. C’est un peu différent de “Understand” et de “Kimi to Iu Hana”. Encore une fois, ce que je ressens de cette époque, c’est que Ajikan avait plein de chansons avec de bonnes intros. Aussi, je pense que c’est une intro simple mais bien faite.

Yuko Honma : “Loop&Loop”, single sorti le 19 mai 2004.

Kensuke Kita : C’était le temps où chacun de nous 4 sentait qu’on avait fait une super chanson, comparé au moment où on avait pas encore notre studio actuel et où on utilisait un studio local. On avait la sensation qu’on devait garder ça pour le prochain morceau (rires). C’est une chanson qu’on a intentionnellement écarté de “Kimi Tsunagi Five M”, donc on était convaincu qu’on avait une super chanson en stock pour plus tard.

Masafumi Gotoh : Nous pensions que si nous l’avions mise dans “Kimi Tsunagi Five M”, cela aurait pu trop se vendre. On cherchait à être “emo” à l’époque et on a senti que si on allait changer de cap, ce serait le 2è album. On a cherché à faire le (Oasis) “Morning Glory” pour notre 2è album. En mettant tout de côté, “Loop&Loop” est une chanson qui aura pour toujours eu un énorme impact sur ma carrière de parolier. C’est purement une bonne chanson, peu importe qu’elle soit pop ou pas. Je pense que ça, c’est la personnalité. C’est une chanson qui a fait date et c’est une invention. Quelque chose que personne d’autre ne pourra écrire ou composer et quelque chose que moi-même ne voudrait pas être capable de refaire à nouveau. C’était l’une de mes premières découvertes, suivant “Haruka Kanata”, “Siren” et “Kimi to Iu Hana”.

Yuko Honma : “Blackout”, album compilation sorti le 8 juin 2005. Asian Kung-Fu Generation presents, “Nano Mugen Compilation”.

Kiyoshi Ijichi : Au début, j’ai mal compris une phrase de Gotoh au milieu de la chanson et j’ai tapé en contretemps. Il a dit, “c’est pas dans le bon tempo, mais en fait, ça rend mieux”. Ensuite, mystérieusement, nous nous sommes occupés de rétablir le rythme à la moitié de la chanson (rires). A l’époque, on s’est dit que c’était une “bonne erreur”, mais c’était au moment où on voulait utiliser toutes les erreurs aussi longtemps qu’elles rendraient la chanson plus intéressantes. En fait, on espérait refaire des erreurs.

Masafumi Gotoh : Je pense que ça nous a ouvert de nouvelles portes. C’était une époque où on était devenu plus conscient du rythme et Ijichi et moi l’avions commencé au studio juste tous les 2. Je pense que “Blackout” était une bonne chanson mais elle n’a pas très bien été perçue par le reste du monde (rires). Je me suis dit, “l’expression marche avec le temps, donc si les gens la comprennent dans plusieurs années, pas de problème. Maintenant, il n’y a aucune raison de faire instantanément une chanson énergique.” C’est comme cela qu’on est entré dans “Fanclub”.

Takahiro Yamada : Je repense ô combien le début du refrain est bien. Il est raisonnablement pop et donc je pense que la chanson entière est efficace comme une chanson pop.

Yuko Honma : “Blue Train”, single sorti le 30 novembre 2005.

Kensuke Kita : C’est la toute première chanson où je suis crédité en tant que compositeur. J’aime l’enchaînement dans l’intro. C’est ce que je voulais. C’était l’idée de Gotoh ce va-et-vient des guitares dans l’intro.

Masafumi Gotoh : Le groupe a connu beaucoup de soucis à cette époque. On avait fait tout ce qu’on savait faire avec “Sol-fa” et on était vraiment sous pression pour trouver un nouveau moyen de faire avancer le groupe. Comme si ça ne suffisait pas, alors qu’on travaillait sur “Fanclub”, j’étais au plus bas psychologiquement. Kensuke a débarqué avec cette idée de chanson et c’était comme si la chanson s’était dévoilée. L’image que l’on avait en tête était “Black Sea” de XTC. A ce moment-là, on avait fait “Blue Train” et “Gekkou” et, finalement, j’ai bien senti qu’on se dirigeait vers un album.

Kiyoshi Ijichi : En tant que batteur, c’était une chanson pour laquelle j’ai montré tout mon répertoire. Elle ne demandait pas tant d’aptitudes techniques mais j’ai commencé dans une fanfare et grâce à ça, tout le monde a loué mon sens du rythme. Bien que parfois je pense que ce n’est peut être pas le cas, la chanson me sert de carte de business pour le batteur Kiyoshi Ijichi.

Yuko Honma : “Aru Machi no Gunjou”, single sorti le 29 novembre 2006.

Kensuke Kita : C’est une chanson qui a été créée alors que Ajikan était peu à peu en train d’évoluer et d’effectuer une transition entre “Fanclub” et “World World World”. Je voulais la mettre dans le prochain album d’autant que selon moi, c’est une assez bonne chanson. Cela est en parti dû au fait que l’on a complétement abandonné une chanson sur laquelle on travaillait avant celle là. C’est une chanson que j’adore. Dans l’ordre des pistes de “World World World”, elle n’était pas censée se placer après “Korogaru Iwa, Kimi ni Asa ga Furu” et “World World” mais j’ai insisté et les ai mises dans cette ordre.

Masafumi Gotoh : On a analysé “Fanclub”, c’était au moment où on a peu à peu évolué vers une certaine direction. On est resté sur des idées compliquées du genre “faisons une chanson de 40 minutes”. C’est alors qu’un appel pour un film nous est parvenu et on a fait cette chanson. “Aru Machi no Gunjou” est sûrement le produit de mes attentes pour créer une œuvre musicale complexe, ce qui a aggravé mes sentiments au point où j’étais prêt à arrêter. C’est pourquoi cette chanson a été faite ; j’ai commencé à me sentir plus relaxé après ça.

Yuko Honma : “After Dark”, single sorti le 7 novembre 2007.

Kiyoshi Ijichi : C’est le sentiment qu’on a enfin atteint le bout du tunnel. On a vraiment eu l’impression de passer à travers quelque chose. On est passé de “Fanclub” à “World World World” et le rythme de la chanson était différent de l’effet initial de nos débuts. A la fin de la journée, on est cynique. On ne veut pas venir directement vers vous. Si on a juste des refrains normaux, ça serait simple et ça sonnerait bien. La partie du rythme c’est comme celui de la basse et de la batterie, certaines parties sont dérangeantes et pourraient vous laisser agités (rires). Mais on comprend que c’est comme ça que l’on fait nos chansons. Je sens qu’au final on est devenu capable de faire ça collectivement, comme un groupe.

Takahiro Yamada : On devient capable de faire de bonnes et denses chansons au son pop même quand on essaye de faire quelque chose de difficile. Les paroles sont positives aussi.

Masafumi Gotoh : Je crois que c’est la dernière chanson qu’on a fait pour “World World World”. C’est plutôt ouvert. Il y a une tentative de faire colorer ce qu’on a coupé de “Fanclub”.

Yuko Honma : “Korogaru Iwa, Kimi ni Asa ga Furu”, single sorti le 6 février 2008.

Masafumi Gotoh : C’est une chanson que l’on a fait lors des festivals d’été. “Korogaru Iwa” signifie littéralement “une pierre qui roule”. C’est rock ‘n’ roll et non pas “Ishi (pierre)”! C’est dans cette période qu’on est allé en Corée pour la première fois et c’est là que j’ai pris conscience d’un truc. Jamais je n’aurais cru que ma musique aurait pu s’exporter. Par la suite, on a été invité à un festival de rock en Corée et 5.000 personnes ont chanté “Rewrite”. J’ai pas bien compris ce qu’il ce passait mais ça m’a vraiment très touché. D’un autre coté, ça m’a rendu triste, du fait que je savais que je ne reverrai plus jamais ces gens. Je me suis demandé si c’était vraiment le mode de vie que je voulais suivre, si c’est juste accumuler ce genre de choses, où ça va mener et qu’est ce qui m’attend dans le futur. J’ai mis beaucoup de ce genre de sentiments dans la chanson. Pour la première fois, j’ai utilisé le langage parlé dans mes paroles et ça m’a rapproché de mon écriture. Je ne pense pas avoir déjà eu une chanson où je traite autant de ça.

Kiyoshi Ijichi : Je voudrais que tout le monde reçoive le message de Gotoh. On va soutenir ce message avec nos mélodies.

Yuko Honma : “Mustang”, du mini-album “Mada Minu Ashita ni”, sorti le 11 juin 2008.

Kiyoshi Ijichi : Il est rare qu’un refrain inventé par mes soins soit utilisé. La mélodie en a été modifiée mais ça ne m’a pas empêché d’en être content. J’ai donc pensé que je pouvais composer et j’ai commencé à écrire des chansons sauf que j’ai été sévèrement critiqué donc j’ai abandonné (rires).

Takahiro Yamada : Je voulais une chanson au son neutre avec un tempo normal et rajouter quelques une de mes idées. C’est là que Gotoh à mis cette simple intro par-dessus. J’aime la tristesse qu’elle provoque en moi.

Masafumi Gotoh : J’aime la transition. La partie à la fin du refrain quand il sort, “Woo.. Nakusu nanika wo”, ça a vraiment touché une corde sensible chez moi. C’est la chanson la plus romantique, y compris pour les paroles. C’est une chanson du temps où je lisais Solanin et que je chantais des choses à propos de la perte de nos jeunes. Par exemple, avec la partie du groupe, ça a synchronisé le moi du passé avec le moi du présent. C’est comme ça qu’elle est devenue une chanson évocatrice. C’est étrange comment ce final est devenu l’ending du film Solanin, au nom de “Mustang (mix for Meiko)”.

Yuko Honma : “Fujisawa Loser”, single sorti le 15 octobre 2008.

Kiyoshi Ijichi : Gotoh ne cessait de m’envoyer des e-mails pour créer quelque chose de fun, une chose qu’il lui faisait plaisir. Je me suis alors penché sur la question puis on a squatté un studio à Fujisawa et on a fait la chanson.

Masafumi Gotoh : Pour moi c’était une sorte de récompense que d’être autorisé à faire cette chanson. Tout le monde était épuisé après “World World World” et “Mana Minu Ashita ni” mais je savais que “World World World” et “Surf Bungaku Kamakura” étaient des jumeaux. On voulait tous quelque chose d’élaboré, tissé par chacun d’entre nous, étant plus primitif. Le truc incroyable avec cet album, c’est qu’on a donné aux chansons leur nom alors qu’on les faisait. Quand on a fini “Fujisawa Loser”, ça ressemblait à une première chanson et on était à Fujisawa, et donc “Fujisawa Loser”. Le JR train passe par ici. A l’arrêt de train numéro 3, il y a juste JR. Le protagoniste regarde un train qui se dirige vers Tokyo de l’arrêt de train de la ligne Tôkaidô. Quelqu’un qui arrête d’aller travailler à Fujisawa et qui chevauche l’Enoden pour partir en voyage.

Yuko Honma : “Shinseiki no Love Song”, single sorti le 2 décembre 2009.

Kiyoshi Ijichi : On a appris à faire une démo avec “Surf Bungaku Kamakura” et on a continué dans cette voie par la suite. J’ai essayé un sample sur mon PC à la maison, le tout relié à mon équipement pour enregistrer ma guitare et la mettre dans l’autre sens, quelque chose comme ça. J’ai vraiment senti qu’on avait un truc quand la démo pour cette chanson fut terminée. Je pensais franchement que ça allait changer quelque chose. Je pense que c’est une vraie avancée tout en sachant que je voulais faire une chanson qui allait changer d’époque et percuter ceux nés dans les années 2000. Je savais qu’autour de cette chanson je ne devais pas suivre que Gotoh, mais que je devais mettre en avant mon égo et continuer à gueuler. Il y a eu pas mal de conflits. C’est un nouveau style que l’on a créé de cette façon et que les nouveaux travaux d’Ajikan ont été façonnés à ce moment-là. C’était la première fois que l’on a combiné plusieurs prises de batterie. On a changé les jeux de batterie dans la 2è partie et l’enregistrement a pris une journée entière. Ça rendait bien avec ce que Gotoh expérimentait et l’ambiance était bonne.

Yuko Honma : “Solanin”, single sorti le 31 mars 2010.

Kensuke Kita : On a reçu les paroles originales par Inio Asao mais on avait aucune restriction pour garder la chanson intacte. On était même autorisé à transformer les paroles. Gotch voulait composer cette chanson à partir de l’appréciation qu’ont eu les gens de l’original, donc il a décidé de faire la chanson à partir des paroles et l’a fait merveilleusement bien. C’est devenu une super chanson. Je n’ai pas grand chose de plus à dire à ce sujet.

Takahiro Yamada : Quand Gotoh m’a envoyé la chanson, ma première impression fut : “Tout le monde va tomber amoureux de cette chanson”. J’étais à nouveau capable de découvrir la vraie force de ce groupe du fait qu’on a su incorporer ce ton prenant assez facilement. D’un autre côté, j’imagine que c’est aussi ce qu’on attend d’Ajikan.

Masafumi Gotoh : Changer les mots ça revient à dire que l’original est inutile ; or je n’ai pas voulu écrire une chanson imaginaire. La seule chose que j’ai changé, c’est l’ordre du refrain. Il n’y avait qu’une ligne dans l’original (bien qu’elle n’était pas au refrain) : “Tatoe Yurui Shiawasega”, qui me semblait cruciale pour ne pas déséquilibrer la chanson.

Yuko Honma : “Marching Band”, single sorti le 30 novembre 2011.

Kensuke Kita : Avec les effets du désastre qui nous a frappé en mars 2011, notre tournée a été annulée et on ne pouvait pas se retrouver non plus. Évidemment, on ne pouvait pas faire de la musique correctement. En avril, quand on s’est retrouvé tous les 4 pour jouer de nos instruments, c’est redevenu fun. Musicalement, plutôt que de montrer ce que “Magic Disc” deviendrait plus tard, même si on l’a fait bien plus tard, on a écrit cette chanson avec le son que l’on cherchait à entendre et que l’on a ressenti à ce moment-là.

Masafumi Gotoh : Le garçon est une métaphore de moi-même et la fille une métaphore de la jeune génération. Je voulais jeter un regard à mon moi jeune et envoyer des encouragements à mes jeunes et innocents sentiments. Je suis au milieu de mes années trentenaires et que je le veuille ou non, ces émotions évolues. Le “Hikare, Kotoba yo” au refrain me représente bien ainsi que les mots que j’énonce ou que je crie. Que ce soit de la musique ou de la peinture, toutes les expressions des sentiments sont dans le langage, même si les mots ne sont pas impliqués. Les mots que l’on prononce vont faire leur chemin tous seuls. Peu importe les mots, si ils sont jolis, ils vont faire de cette personne et de tout le monde qui entoure celle-ci quelqu’un de magnifique. C’est pourquoi j’ai cherché des mots forts et magnifiques.