Oricon : Ma première impression fut « C’est un album solide avec une bonne pointe de rapidité ». Dans votre dernier album « Fanclub, » il y avait beaucoup d’arrangements complexes, mais le sentiment provenant de cet album était plutôt différent.

Masafumi Gotoh : Quand on essaie de faire quelque chose de difficile avec des moyens contraignants, tout est raté. Quand on joue beaucoup et que l’on a une bonne catharsis, c’est bien, mais une fois que ça disparaît, tout est fichu.

Kensuke Kita : Durant un certain temps nous pensions que notre groupe était au meilleur de sa forme avec un son pop.

Takahiro Yamada : Dans « Pop music » nous faisons plein de choses différentes… Aussi, ce qui est important pour nous désormais et qui ne l’était pas précédemment, est que quand les gens écoutent la musique, nous ne voulons pas qu’ils pensent du style « Ces gars font un truc plutôt difficile ».

Kiyoshi Ijichi : Simples mais de bonnes chansons sont plus difficiles à faire de toute façon ; c’était ça notre défi à l’époque.

Masafumi Gotoh : Nous voulions donner aux chansons cette étincelle en plus. Comme nous devenons plus vieux, nous en arrivons à aimer un son plus doux mais en ce qui concerne la guitare, les enfants en nous ont pris la chanson, l’ont placé un peu plus haut et l’ont rendu plus intense (rires)

Oricon : Alors dans votre jeunesse, vous tourniez autour des chansons speed ?

Masafumi Gotoh : En effet. Vous savez, quand vous avez autour de 19 ans, c’est la période où vous êtes le plus égoïste. C’était du genre : « Je n’écoute pas du hougaku (musique japonaise traditionnelle) alors qu’est-ce que j’en ai à faire? » (rires). Mais en même temps j’écoutais THEE MICHELLE GUN ELEPHANT, Sunny Day Service, Eastern youth et ainsi de suite… Et cela aurait été génial d’être considéré comme membre de ce groupe, non ?

Kensuke Kita : C’était nous qui disions « Hey! Y’a du bon hougaku dehors aussi mon gars ! » (rires)

Oricon : Vos lyrics semblent avoir beaucoup changé aussi. Des lyrics qui encourage le public à se lever et à participer comme pour la chanson « Atarashii Sekai » (litt. nouveau monde) où vous dites « Alors envolons nous pour un nouveau monde où nos cœurs peuvent danser ». Il y en a aussi beaucoup d’autres sur votre engagement face à des problèmes sociaux.

Masafumi Gotoh : Oui, cette phrase était un peu difficile… Que la chanson soit politique ou non, j’ai écris au sujet du monde et de la société tels que je les vois de mes yeux. Comme je devient plus âgé, mes vues changent bien sûr et tandis que tu regardes les infos et apprends plus, tu en viens a comprendre mieux certaines choses. Je pense que nous Japonais avons une grande responsabilité dans l’aide des pays les plus pauvres pour les aider à faire pousser de quoi les nourrir et ainsi de suite… La vache, je deviens un peu trop obscur là…

Oricon : Alors vous chantez directement au sujet des choses qui vous concernent ?

Masafumi Gotoh : Oui, en partie. Il y a aussi le fait que nous avons finalement grandi. Il y a une pointe de « que suis-je ? » et je pense que le temps d’y penser est important, mais j’ai pensé que prendre un nouveau chemin inconnu pourrait me donner de meilleurs résultats au bout du compte.

Oricon : Etes-vous triste maintenant que vous avez « grandi » ?

Masafumi Gotoh : Mmm… C’est difficile à dire. Aussi longtemps que nous continuons de jouer dans notre groupe, il y aura toujours une pointe de jeunesse mais il n’y a pas autant de ces moments qui vous saisissent n’est-ce pas ?

Kensuke Kita : Carrément (rires).

Masafumi Gotoh : Il y a ce sentiment d’impatience, mais si tu ne te donne pas à fond dans les choses que tu ne peux faire aujourd’hui, tu le regretteras probablement plus tard.

Oricon : Je pense que l’album dénote vraiment ce sentiment. Ainsi votre groupe est désormais très proche alors?

Kensuke Kita : Je pense qu’une grande partie de cela provient de la qualité de la musique dont tu joues. Si tu as de la bonne musique, la condition du groupe en tant qu’ensemble est aussi bonne. Je pense que c’est quelque chose qui ne changera jamais.